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A'n'l'lth'

Ce lieu de culte, jadis majestueux, se dresse aujourd’hui comme une ruine silencieuse sur la Terrasse du Châtiment, au cœur du Temple des Anciens. Cependant, alors que certaines coutumes sacerdotales et populaires le désignent comme le « Jardin des pierres », des érudits réfutent cette appellation, arguant qu’elle résulte d'une très mauvaise traduction d'un ancien nom de lieu, A' n'L'lth'. L'actuel Jardin des Pierres, tel qu'on le connaît à Laelith, n'est qu'un modeste vestige d’une gloire passée dont les racines remontent à la nuit des temps.

A’ n’ L’lth’ - parfois appelé le “Jardin des Pierres” - est un lieu imprégné de mystères et de peurs. Les habitants de la Punition, malgré leur vie difficile, évitent de s'y aventurer, craignant les anciens esprits qui, selon la légende, hantent toujours ces ruines. Les rares courageux qui osent s'y aventurer parlent d'échos étranges, de chuchotements inintelligibles et de présences invisibles. Derrière les ruines et les faits modernes sur A’ n’ L’lth’, son histoire plonge dans un passé très lointain.

Selon Peyrii-des-Grandes-Plaines, un célèbre scribe ayant écrit plusieurs études sur l'histoire de Laelith, A’ n’ L’lth’ n'est pas un ancien lieu de culte. Il n'appartient même pas au Temple des Anciens lui-même, car A’ n’ L’lth’ fait référence à un endroit antique. Bien sûr, d'autres érudits ne sont pas entièrement d'accord avec les hypothèses de Peyrii. Néanmoins, les études de Peyrii sur A’ n’ L’lth’ convergent avec d'autres textes et croyances sur les Lithos et le Lithoracle. Son œuvre offre un regard différent sur la question, celui qui pourrait éclairer davantage l'histoire.

Voici une légende tirée du « Livre des Chants d’Aladhel », Temple du Nuage.

« En des temps très anciens, Hu-Llivanii leva les yeux vers le ciel et vit l’étoile mortelle. Il rassembla ses frères, les exhorta à le suivre au-delà du grand océan noir pour peupler un nouveau monde. Ils bâtirent les grandes vihanas, au nombre de mille, et s’élevèrent au-delà des sphères pour l’exode […] Eeg Oon Z’ Aaz Than trouva une île merveilleuse où HuLlivanii pourrait prospérer. Mais, tandis que lui/elle souhaitait ici mettre un terme à ce long voyage, eux/elles voulaient poursuivre. Il y eu querelle. Les esprits [des pierres lévitantes] du vaisseau d’EOZAT se rebellèrent et se dispersèrent tandis que s’effondrait la vihana. Là, EOZAT bâtit la Première Cité. Il parla aux pierres éparses, finalement les rassembla et les disposa en cercle, leur demanda de devenir les gardiennes du nouveau Jardin. Il mourut, fut enseveli dans un grand tombeau, qui sera un temple où, durant sept générations vihaniques, seront adorées les quatre matières originelles de l’univers. Ne parvenant pas à maîtriser les Pierres, les fils/filles d’EOZAT les dispersèrent et ils/elles abandonnèrent la Première Cité, qui sombra dans l’oubli. De ce lieu HuLlivanii conserva le souvenir sous le nom de A’ n’ L’lth’, le Jardin des Pierres. »

Traduction de Peyrii de la Grande Plaine, 786.

À propos de ce texte

Ce récit, qui appartient autant à la légende qu’à l’Histoire, est peu connu. Il relate des faits d’une « très haute antiquité » selon les dires du scribe Peyrii, qui a passé plusieurs années à le traduire et l’étudier, en le comparant à d’autres sources issues des bibliothèques de Laelith, mais aussi d’Egonzathan-la-Basse et d’autres ouvrages rapportés par des voyageurs. Le scribe estime que cette légende est fondamentale pour la compréhension de l’histoire de la cité quatre fois sainte, car elle place celle-ci [l’histoire] dans un contexte plus large que celui auquel nous sommes habitués. Bien sûr, les travaux de Peyrii ont fait l’objet de nombreuses contestations, notamment par les Religieux, qui y voyaient un « bousculement du dogme », ébranlant des certitudes bien établis depuis des générations. Et pourtant… d’autres doctes prêtres, non seulement du Nuage, mais des autres nobles institutions de la ville, avaient approuvé ces recherches, estimant – au contraire des premiers qui voulaient brûler les travaux de Peyrii –, que la Légende de A’ n’ L’lth’, ou La Naissance du Jardin des Pierres, était une source primordiale dans la recherche et l’étude sur les origines de la cité. Peyrii de la Grande Plaine était un linguiste renommé en son temps. En plus de maîtriser la [langue] commune parfaitement, il parlait et écrivait couramment d’autres langues des pays alentour et plus lointains. Il avait aussi une connaissance approfondie de certaines écritures antiques, et notamment le kaserii, dans lequel était rédigé la légende en question, du moins sous la version que Peyrii eut entre les mains. Le scribe nota d’ailleurs que le kaserii employé dans ce texte était une forme appauvrie car très tardive. Qu’entendre par appauvrie et tardive ? Une note rédigée en parallèle à l’étude susnommée précise que : « le kaserii employé dans ce texte ne possède plus aucune de ces subtilités de langage qui existent dans le Livre d’Aladhel, pourtant lui-même rédigé très tardivement, si nous nous plaçons dans le courant des âges. » En effet, comme le précise encore Peyrii, lorsqu’on discute à propos du (ou des) livre(s) d’Aladhel et des nombreux Commentaires & Additions, ce n’est pas en centaines d’années qu’il nous faut réfléchir, mais plutôt en centaines de milliers d’années. Pour le scribe, le texte de la légende du Jardin des Pierres qui nous intéresse ici est issu d’un corpus antique vieux d’environ vingt mille ans. Ces nombres qui nous plongent dans la profondeur des temps ne cadrent pas exactement avec le récit historique du Châtiment, qui a vu la destruction de l’antique Tanith Lenath, précédant la naissance de Laelith, qui remonte à un peu plus d’un millénaire. Même si, pour cette histoire, nous ne sommes pas à quelques dizaines d’années près, la fondation de la Cité par Eozat n’est pas du tout à la même époque. Et pour cause ! Nous sommes ici en présence des HuLivanii, que seuls quelques rares érudits qui étudient à Laelith connaissent, du moins de nom, puisqu’il sera impossible de croiser l’un de ces êtres dans les échelles de la ville. Ceux qui ont eu le loisir de voyager au plus loin, à l’autre bout du Lac, et visiter l’Egonzathan, pourront faire une étroite relation entre ce pays singulier et les HuLlivanii dont la légende raconte quelques exploits anciens. Chez nous, ces êtres sont nommés Huvaliniens, ou Zadhuliens, ou par d’autres dénominations approchantes dérivées, par corruption, du mot antique. Les Huvalinien, et les Zadhiliens sont des peuples hautains, inaccessibles au commun des mortels, à qui on prête le sentiment d’être les Fondateurs du Monde… Eh bien, en quelque sorte, ils le sont, puisque leur race et leur civilisation est d’une antiquité qui précède de très loin toutes les autres civilisations de ce monde. Peyrii, qui a longtemps étudié ces textes, comme nous l’avons précisé plus haut, affirme que les HuLlivanii ont dominé l’univers durant des dizaines de millions d’années… Précisons que le scribe était un homme très sage, pas du tout porté sur l’usage de certaines herbes à pipe, et ne préférant pour boisson que de la bonne bière consommée de manière discrète et amicale. Et il savait faire la différence entre centaines, milliers et millions… L’écriture kaserii, même tardive, selon les dires de Peyrii, ne peut en aucun cas porter à confusion dans ce domaine. « C’est une langue logique, concise, efficace et redoutablement précise. Elle ne comporte que trois temps, le passé, l’actuel et le futur, laissant l’usage du conditionnel et autres ajustements temporels à des signes distinctifs qui guident le locuteur dans ces nuances… […] Son alphabet est, lui-même, composé que d’une vingtaine de signes – de 20 à 24 suivant les usages – mais typiquement de 22 lettres pour le kaserii dit “classique”, celui employé dans le Livre d’Aladhel. Ce qui est remarquable dans le kaserii, ajoute Peyrii, c’est les 56 “Pierres” qui s’ajoutent aux 22 lettres pour ajouter toutes les nuances possibles dans la lecture des textes. Évidemment, dans la pratique, le locuteur n’use – et ne connaît – que les 22 lettres de base, nommées “Arbres”, qui forment l’alphabet courant. L’usage des Pierres ne se fait que dans un cadre religieux, ésotérique, savant… » […] « …à chacun de ces arbres correspond un son précis, une consonne en quelque sorte, et un chiffre. La combinaison des arbres et des pierres permet de décrire l’univers… » Plus loin, le scribe ajoute : « les lettres du kaserii ne servent pas qu’à décrire des mots et élaborer la penser par l’écriture, le texte, le parler, il va plus loin, car il est aussi un langage descriptif musical au sens propre du terme. […] La puissance de cette langue est incroyable, elle pénètre l’âme des êtres et la structure du monde. Elle a le pouvoir de réaliser des choses incroyables, mais qui à nous, simples humains, sont totalement inaccessibles. […] Je connais bien des mages et des sorciers qui ont tenté la voie du kaserii et n’ont connu que l’échec dans ce domaine…”

Cette digression sur le kaserii est importante, car elle va permettre d’expliquer, le mieux possible, certaines nuances de ce texte. Notre langue commune est, hélas, bien trop pauvre pour pouvoir atteindre toutes les subtilités du kaserii. D’abord, ce dernier ne peut être étudié que par quelques personnes déjà versées dans l’étude des langues anciennes, et, à Laelith, cet enseignement n’est dispensé que dans les écoles affiliées au Temple du Nuage, qui se revendique comme étant l’unique dépositaire de ce savoir, pour des raisons historiques évidentes. Il y a, de nos jours, moins d’une dizaine d’étudiants qui ont choisi ce cursus, en complément d’autres, plus renommés et plus accessibles.

Revenons à Peyrii de la Grande Plaine, et à son étude sur ce sujet. La légende dite du Jardin des Pierres ne remet pas en cause les autres théories concernant l’origine des Lithos, l’existence dans le passé de Tanith Lenath, le Châtiment et l’histoire de la création de Laelith. Bien au contraire, celle-ci s’inscrit parfaitement dans ce récit et lui apporte une profondeur peu connue. Comme aime à le dire Peyrii, cette légende « est une des facettes de notre histoire, qui en comporte de multiples ». Mais le scribe ne va pas hésiter à bousculer bon nombre de nos certitudes et croyances à ce sujet. Rappelons que ce dernier n’a jamais été un religieux, comme toute la Maison Peyrii dans l’histoire de Laelith, même si leurs liens avec le Nuage ont toujours été très étroits, mais uniquement sur un plan culturel et érudit et non cultuel. Rappelons aussi que cette Maison (ou famille, dynastie) est l’une des plus anciennes de la cité quatre fois sainte, bien que peu connue du public. Selon les études des Peyriis (de la Grande Plaine et d’autres…), la présence hullivanii sur le site de Laelith, dans un très lointain passé, ne doit faire l’objet d’aucun doute. « Nous avons sous les yeux, plusieurs témoignages de leur histoire. Ils se dressent encore fièrement dans les murs de notre cité… » En effet, trois sites majeurs, toujours visibles, sont attribués, par Peyrii, aux HuLlivanii. Le plus réputé d’entre eux est le Temple du Nuage, même si ce bâtiment a connu de très nombreuses restaurations depuis son origine ; les ruines, dites du Temple des Anciens, sont le second site désigné dans cette appartenance hullivanii. Le troisième est la Place des 7 Royaumes, sur la Terrasse de la Main-qui-Travaille. Peyrii ajoute que d’autres vestiges hullivanii existent encore dans la ville, mais moins visibles. Il cite, entre autres, le Quai de l’Antiquaille, ou l’Échelle des Mille Marches, qui sont, pour lui, des éléments structurants d’une ancienne cité disparue. Le scribe va plus loin en affirmant que, dans les fondations de bâtiments, existent des vestiges antiques. Et que le Cloaque lui-même ne serait pas à l’abri de receler quelque pierre à l’âge incroyable. Et le Jardin des Pierres ? Eh bien, ce site ne figure pas dans la liste de Peyrii !

Les scribes Peyriis ont, depuis l’origine de la cité, dressé les plans de celle-ci. Ils sont donc de parfaits connaisseurs de la topographie locale et les témoins de ses évolutions dans le temps. Si même peu de ces documents furent laissés à l’usage du grand public, les hiérarques les avaient sous les yeux. Nous pouvons signaler l’existence du Grand cadastre, qui est disposé dans l’une des salles du Palais du Roi-Dieu, ou les fameux plans qui furent diffusés durant le règne de Teaphanerys XIV et dont l’usage a perduré jusqu’à nos jours. Mais, sur aucun de ces plans, aussi détaillés soient-ils, le Jardin des Pierres ne figure. Certains pensent que celui-ci pourrait être, en fait, le Jardin du Dénuement, mais rien ne vient corroborer cette hypothèse, car ce lieu a toujours porté ce nom depuis longtemps. D’autres voyaient le Jardin des Pierres dans l’une des cours du Palais du Roi-Dieu, mais là encore, rien ne permet de confirmer son existence au sein de cette noble résidence, même si celle-ci fût mainte fois modifiée durant son histoire. À propos de ce bâtiment, Peyrii mentionne l’existence du Vieux Mur, qui serait, selon son analyse, un vestige hullivanii très antérieur au palais lui-même. Nous avons beau chercher sur tous les plans existants, anciens ou actuels, de la ville, de Jardin des Pierres il n’y a point ! Et pour cause ! Peyrii de la Grande Plaine nous confirme : « A’ n’ L’lth’ n’est pas un jardin dans la cité, mais le site de la ville elle-même, et bien au-delà de ses limites actuelles. L’ A’ n’ L’lth’ (aL Anen al Lilith), selon Peyrii, recouvre un territoire d’environ 28 milles de diamètre, correspondant à l’Egonzathan Céleste, telle qu’elle est décrite dans le Livre d’Aladhel. Le centre de ce cercle se trouvant à l’emplacement du Temple des Anciens.

Revenons, avant de poursuivre notre investigation archéologique, sur les Lithos et le Lithoracle, et nos HuLlivanii. Comme cela a été écrit plus haut, ces légendes ne sont nullement opposées mais au contraire complémentaires et doivent être comprises comme étant diverses facettes d’une même histoire. Après tout, ce sont près de vingt mille ans qui nous sont contés ici !

« Loin au-dessus de nous, les étoiles brillent et meurent, perdues dans l’immensité de la galaxie. Pour échapper à la solitude du vide, certaines ont forgé des liens avec quelques-unes de leurs sœurs au moyen de courants cosmiques puissants. Les groupes ainsi constitués, les gestalts, sont supérieurs à la somme des étoiles qui les composent. Ils sont en particulier capables de rêver et d’animer leurs rêves en les nourrissant d’énergie cosmique. » (Extrait du livre des Origines des Lithos et du Lithoracle – Canon officiel)

Le Livre d’Aladhel décrit à peu près les mêmes événements (voir au début), à savoir une Présence dans les étoiles, la mort de certaines, les liens qui existent entre elles malgré des distances effroyables, etc. Plus loin, dans le livre des Origines des Lithos et du Lithoracle, nous pouvons lire :

« Il y a très longtemps, sur un monde lointain, vivait une entité appelée Ûra. Elle avait donné vie à de nombreux enfants et consacré sa très longue existence à l’observation des cieux. Sans jamais quitter son monde d’origine, en observant le ciel au moyen d’instruments ingénieux, en recueillant les témoignages de voyageurs d’outre-espace, elle avait fini par découvrir l’existence des Lithos et en était venue à partager leur souffrance, perdus qu’ils étaient dans l’immensité du vide, sans pouvoir tisser les liens qui pourraient les unir. Alors Ûra demanda à ses enfants de lui construire un immense vaisseau de pierre pour sillonner la galaxie. Ils bâtirent pour elle la plus grande arche jamais construite et arriva enfin le jour où leur aïeule s’élança seule à bord du vaisseau pour entreprendre sa dernière mission : rassembler les Lithos. » (Extrait des Origines des Lithos et du Lithoracle – Canon officiel)

Le Livre d’Aladhel nous décrit de manière similaire cette quête galactique, avec les voyageurs d’outre-espace et les nefs (arches) dans l’immensité du vide. La vision du narrateur diffère cependant puisqu’ici, dans le livre des Origines, il est question d’une entité nommée Ûra tandis que le Livre d’Aladhel donne la parole à HuLlivanii. Pour Peyrii, Ûra et Hullivanii sont deux entités différentes, qui ne doivent pas être confondues comme certains l’avaient affirmé un temps. Le livre des Origines des Lithos et du Lithoracle est propre à Laelith et sa rédaction remonte aux tout premiers temps de la cité, bien que basé sur des récits plus anciens. Ce livre fait partie du Canon officiel des Cultes de la cité et peut se lire indifféremment dans chaque Temple. Le Livre d’Aladhel est d’origine nettement plus ancienne et n’appartient pas à la tradition classique laelithienne. Seul le Temple du Nuage le considère dans son corpus liturgique, et uniquement lors des liturgies avec les threnodes. Nous verrons pourquoi un peu plus loin. Ce livre appartient à la tradition hullivanii (ou huvalinienne) ; c’est pourquoi il est très peu connu à Laelith. Ce n’est que depuis les récentes réformes liturgiques du Nuage menées par la grande prêtresse Inamaka Mahpiua, au début du règne de Nin 1er, avec le retour des threnodes alors exilés en Egonzathan, que le Livre d’Aladhel est replacé dans un contexte cultuel. Il vient s’ajouter aux lectures et chants traditionnels et non les remplacer.

Astinas Alewens, un historien de Laelith, a décrit, dans ses ouvrages et les Annales du Temple du Nuage, fort peu connue pour cette dernière, les threnodes et la liturgie qui leur était attachée. D’autres chroniqueurs ont également mentionné leur présence. Mais les troubles violents des années 789 et suivantes, ont effacé pour un temps ces souvenirs historiques.

Pour expliquer le Jardin des Pierres, il est nécessaire de comprendre le fondement même de l’existence de Laelith. Je vous propose ce long article, que j’ai pu consulter à la bibliothèque du Temple du Nuage :

Les Threnodes du Temple du Nuage de Laelith

Parmi les quatre temples de Laelith, celui du Nuage a une place à part. Bien sûr, chaque adepte de l’un des autres temples dira que le sien a aussi « une place à part », mais il faut reconnaître que le Nuage a, par son histoire et sa doctrine religieuse, un « petit quelque chose » que n’ont pas les autres temples.

Le temple [du Nuage], tel que nous le voyons de nos jours, est le résultat de nombreuses restaurations et embellissements successifs, mais sa structure est très ancienne. C’est l’un des très rares monuments de l’antique Tanith Lenath à être encore debout – sinon le seul – et qui connaît un usage permanent. Si nous observons, sur un plan de la ville, la disposition et la forme de certaines structures, une certaine ressemblance existe entre le Temple du Nuage sur la terrasse du même nom, le Temple des Anciens, ruines imposantes et inquiétantes qui dominent la Terrasse du Châtiment non moins sinistre, et l’industrieuse place des Sept Royaumes de la Main-qui-Travaille. Ces trois éléments urbains présentent une forme circulaire évidente. Le Temple du Nuage avec la place du Nuage Neuf et le Croissant, et les bâtisses du quartier alentour ; le Temple des Anciens et ses cercles concentriques en ruines ; la Place des Sept Royaumes, bien circulaire elle aussi et le plan en arc de cercle des constructions qui la bordent sur une distance parfois importante, et la Travée des Métiers qui file en ligne droite dans un quartier à l’urbanisme bien chaotique par ailleurs. Cela est bien mis en évidence sur le plan du cadastre dressé par les Peyrii durant le règne de Teaphanerys XIV, puis repris sous Nin Ier. Des historiens, dont Astinas Alewens, expliquent que ces structures sont des vestiges évidents de l’antique cité détruite par le Châtiment, au même titre que l’Échelle des Mille Marches ou le Quai de l’Antiquaille, qui suivent les traces d’anciennes artères rectilignes de l’immense Tanith Lenath. Les trois structures dont nous parlons ici sont, chacune, dans un état de conservation différent. La Place des Sept Royaumes s’est bâtie sur les bases d’un édifice aujourd’hui totalement disparu mais dont les traces subsistent encore dans le parcellaire et quelques murs porteurs de certaines échoppes d’artisans ; ceux-ci sont toutefois fortement remaniés et ensevelis dans les constructions de tous âges. Le Temple des Anciens est encore bien visible mais la structure est totalement ruinée et dangereuse. Là où il est situé, les gens ne se sont pas bousculés pour l’explorer… Le Temple du Nuage est le bâtiment qui a le mieux survécu, ou du moins qui a été le plus maintenu au prix de nombreuses et subtiles restaurations. En effet, toujours selon Astinas Alewens, ce que nous voyons aujourd’hui du temple n’est que la structure centrale d’un édifice autrefois bien plus vaste, dont le souvenir se retrouve dans le parcellaire environnant. La destination primitive de ces trois structures nous est inconnue. Il est vraisemblable que le Temple du Nuage n’a pris sa fonction liturgique qu’après le Châtiment. La dénomination « temple des Anciens » est aussi moderne, c’est-à-dire datant des premiers temps de Laelith.

Revenons au Nuage et au Threnodes. Astinas Alewens relate, dans l’un de ses ouvrages consacrés à cette partie de Laelith, la présence de « chanteurs-marcheurs » qui déambulaient dans les ruines d’un édifice mis à terre par le cataclysme. C’est l’évidence que les Threnodes, ou Mélopistes, existaient avant le Châtiment. En effet, ceux-ci étaient à la recherche des éléments des reliefs qui composaient les murs de l’édifice ruiné.

Qui sont ces Threnodes ? En fait, l’histoire officielle de Laelith ne les mentionne guère, hormis Astinas Alewens dans ses ouvrages ou les Annales du Temple du Nuage, que peu de personnes consultent. Il existe, cependant, une personne dont la famille est établie à Laelith depuis des lustres, et qui possède des informations capitales à ce sujet, c’est le scribe Peyrii dit « de la Grande Plaine », héritier de la dynastie des cartographes Peyrii, tenant un Atelier de Géographie & de Typographie situé dans une cour près de l’Échelle de la Manécanterie, non loin du Nuage (aujourd’hui, cet atelier est installé proche de la Place du Nuage Neuf). Cet immeuble bien discret regorge de trésors pour qui s’intéresse à l’histoire et à l’urbanisme de la cité mystique. En effet, ayant eu l’occasion de le visiter un jour heureux, j’ai pu apercevoir un plan unique, celui de Tanith Lenath, d’avant le Châtiment ! C’est ainsi que Peyrii me montra rapidement les emplacements des trois édifices mentionnés, dont le Nuage. L’évidence de l’antiquité des Threnodes est là, sur ce plan. Également, Peyrii rapprochait leur présence avec celles des Huvaliniens, ou Hullivanii, qui furent sans nul doute les maîtres premiers de la cité disparue. Peyrii me fit aussi une révélation, tiré de ses recherches approfondies sur les documents et les plans se rapportant à cette époque, à propos de Tanith Lenath. Que cette cité n’était pas « conventionnelle », selon notre propre regard. La très antique Tanith Lenath avait une superficie nettement supérieure à notre Laelith contemporaine ; qu’elle était de forme circulaire, d’un diamètre d’environ 28 milles et qu’elle lévitait à plus de 300 pieds du sol, un terrain de plaine dans cette région à l’époque. Autant dire que j’étais abasourdi en sortant de chez Peyrii. Finalement, j’avais du mal à le croire, tant cela me paraissait impossible. Affabulations ? Délires d’un vieil homme qui, pourtant, n’avait l’air de perdre la tête ni de fréquenter à outrance les taberges de son quartier ? Ou alors, une certaine vérité dans ses propos ? Je n’osai imaginer la réalité d’une cité de 27 milles de diamètre, lévitant dans les airs. Et je me gardai bien de répéter à quiconque ces propos incroyables ! Pourtant, il fallait que j’en sache plus, pour ma curiosité personnelle avant tout. Impossible de fouiller chez les Peyrii, aussi je misais sur des recherches dans les bibliothèques, du temple et de l’université matérialiste ; après tout, les bibliothèques ne manquent pas sur la Terrasse du Nuage. Et lorsque l’on sait ce que l’on cherche exactement, il est plus facile de trouver… Il m’a fallu trois ans pour obtenir quelques réponses. Peyrii n’était pas si fou que cela ! En effet, plusieurs ouvrages anciens, dont même ceux de Astinas Alewens, décrivent les dimensions imposantes concernant Tanith Lenath, proches de celles qui étaint évoquées par le scribe cartographe. Et, si peu de descriptions mentionnaient la lévitation proprement dite, toutes s’accordaient à dire que la cité était « très élevée et qu’il fallait, pour y accéder, emprunter des rampes ou des escaliers monumentaux, tandis que les Maîtres lévitaient pour passer des portes qui leurs étaient strictement réservées. »

« … au centre d’ycelle se dressoit la tour des Lévitans, entourée de canaux et de jardins luxurians où le grand Arbre sacré des Vihanas avait la place d’honneur… … La Cité se mouvoit lentement, à fins que les Levitans aient la surveyance des Pays qu’ils administrent. Pour cela les Esclaves sans Vision marchoient en psalmodiant les estranges melopés dans les tréfonds de la Cité, se tenant par la main et revestus du Casque des Fluydes Estranges. Ils étoient des centaines et des milliers à avancer en cercle dans les Profondeurs, doucement en harmonisant sur les Trois Notes et les Écarts à Huit Tons. Un jour cependant, las, les Esclaves s’etoient revoltés contre les Maistres Levitans et arresterent leur lente peregrination chantée. La Cité tomba & la colère se déchaisna soudaine & violente, brisant les murs et renversant les Palais & les Monumens. Les Murailles s’effondrèrent, dispersant l’eau des canaux. Le Sol se mit à trembler avec grande force & fracas et la Terre se soulevoit soudainement, pencha d’Ouest en Est et les Montagnes se soulevoient aussi alentours. Partout étoient la désolation et la mort. Les Maistres Levitans, furieux, pourchassoient les Esclaves Melopistes, en tuerent le plus grand Nombre, en mangèrent beaucoup avant de quitter les Lieux à jamais Maudits. … » La Chute prodigieuse de la Cité des Levitans. D’après un manuscrit des Anciens Temps. Temple du Nuage.

Les Threnodes étaient donc, selon ce texte ancien que nous avons reproduit sans en modifier le style daté, une population humaine tenue en esclavage par les Maîtres Lévitants, c’est-à-dire les Huvalinens, ou HuLlivanii. Une révolte puissante provoqua la chute de la cité. En effet, il ressort que les esclaves permettaient de maintenir la cité en lévitation par leur marche lente, chantante, et le port d’un casque relié à un fluide « étrange », dit aussi « fluide threnodique ». En fait, tout cela aurait pu apparaître comme étant de la légende ou du conte et non des faits réels. Jusqu’au retour en grâce des Thrénodes dans la liturgie du Nuage, depuis qu’Inamaka Mahpyua est devenue Grande prêtresse du Nuage et en a réformé la liturgie pour revenir aux sources de celle-ci. Ce qui ne s’est pas fait dans le calme et la sérénité au sein du clergé nuagique, loin s’en faut !

Mais l’histoire relatée dans ce manuscrit ne cadre pas avec l’Histoire officielle, qui dit qu’en -1200, à l’emplacement de l’actuelle Laelith, Tanith Lenath n’est qu’une très modeste bourgade dont la description ne ressemble en rien à une grande cité lévitante de 28 milles de diamètre, aux palais nombreux. Cf. les ouvrages du Canon officiel. Deux histoires totalement contradictoires dont l’une proclame que Tanith Lenath serait une cité hullivanii, bâtie sur le modèle de l’Egonzathan-la-Célèste d’Hu-Llivan, tandis que l’autre ne parle que de populations humaines et barbares, qui luttent contre des races non humaines.

Selon Peyrii, ces deux histoires n’ont font qu’une mais c’est la chronologie qui est prise en défaut car totalement absente du premier texte manuscrit. Pour le scribe, la Tanith Lenath des Lévitants est beaucoup plus ancienne que la Tanith-Lenath de l’Histoire officielle. « Ce sont deux cités que près de 20.000 ans séparent ; la première, celle des HuLlivanii, s’est effondrée à la suite de la révolte des esclaves threnodes, entraînant de fait ruines et désolation, ainsi que le départ des Hullivanii, sans doute vers la région de l’actuelle province d’Egonzathan. Pendant longtemps, le site de la Tanith Lenath lévitante est resté inhabité, sauf par les descendants des Threnodes et de quelques habitants humains de l’antique cité, les premiers gardant dans leur mémoire collective le souvenir d’une vie d’hommes non libres, soumis à la violence de maîtres puissants et venus d’un autre monde, tandis qu’ils relevaient aussi les beauté d’une civilisation très ancienne, faisant de celle-ci une religion dérivée du culte vihanique d’Aladhel le Dieu Unique. Ce qui sera la base de nombreux problèmes futurs…

Les Humains vont peupler le site de l’antique Tanith Lenath et, progressivement, y établir des communautés éparses. Parmi les vestiges de l’Effondrée (ainsi est nommé de qui reste de la cité lévitante tombée au sol), trois bâtiments se dressent encore, qui sont progressivement dégagés des décombres. Trois tours circulaires, dont l’une culmine encore à près de 300 pieds au-dessus du sol de cette époque, légèrement penchées, vont servir de refuge aux populations humaines contre les attaques de barbares. Les siècles passant, les décombres se mêlent au sol, se recouvrent de végétation ou sont réemployés dans des constructions plus sommaires. La grande Tour deviendra par la suite un Temple, dit des Anciens, considérablement transformé au fil du temps. La second tour, dite des Threnodes, conserve ses piliers d’origine, dits Piles Vihaniques, au nombre alors de 6 (deux ont disparu dans la catastrophe et seront rétablies plus tard). C’est là que les descendants des esclaves mélopistes vont s’établir durablement en restaurant l’édifice. La troisième tour, en plus mauvais état lors de l’effondrement, va disparaître dans le temps mais son emplacement marque encore le paysage et deviendra un jour la Place des Sept Royaumes.

En -700, selon la chronologie officielle, Tanith-Lenath est fondée et devient une vraie cité prospère. En fait, il s’agit de la seconde Tanith Lenath bâtie sur ce site. Elle deviendra par la suite Laelith, mais là, vous connaissez l’Histoire !

Le cataclysme décrit dans le manuscrit cité ci-dessus – et dans le Canon officiel –, à la suite de l’effondrement de la cité antique, n’est qu’un « raccourci » entre deux époques : la chute de la cité lévitante, qui fut sans aucun doute catastrophique, et le Châtiment qui a frappé la seconde Tanith Lenath de l’histoire. Deux événements distants de près de 20.000 ans, regroupés en un seul texte de rédaction tardive (vers 300).

L’histoire officielle n’apporte guère de précision quant à la présence des Threnodes à Laelith et plus particulièrement au Temple du Nuage. De même, nous n’avons aucune information sur la liturgie pratiquée alors, mais nous pouvons supposer que celle-ci était proche de celle qui est entrée en vigueur lors de la réforme promue récemment par Inamaka Mahpyua à l’avènement de Nin Ier.

L’élément de rupture se situe en 789, et même un peu avant. Une grave crise politique, sociale et religieuse secoue Laelith, au risque de détruire le sentiment d’unité qui pouvait prévaloir. Les prémices sont anciennes : la lutte pour le pouvoir entre le Palais et les Temples, au sein des Temples eux-mêmes, dans les couloirs du Palais… et les ennemis extérieurs qui veillent… Depuis longtemps (vers 640), deux dynasties de souverains divins se partagent le pouvoir, les Tokinafal et les Teaphanerys. Mais nous parlerons ici de Tokinafal VII, dit le lacustre, qui a régné entre 789 et 794. Cependant, son prédécesseur, Tokinafal VI (781-789) était déjà pris dans une certaine tourmente qui explosera durant le règne de son successeur. La situation à Laelith était, dès le début des années 780, difficiles à tous points de vue malgré une certaine prospérité de la ville sainte. Crise sociale due à des inégalités de plus en plus marquées entre le « bas-peuple » et les aristocrates de la cité et la pression des marchands pour augmenter les prix des denrées indispensables ; crise politique avec des tensions permanentes au Palais ; crise religieuse au sein des Temples et plus particulièrement au Nuage, qui va avoir de lourdes conséquences pour les siècles suivants. On sait que la tentation d’imposer un culte monothéiste est récurrent dans l’histoire de Laelith, en opposition totale avec le culte des Quatre Éléments, et que les HuLlivanii ont longtemps été les promoteurs de cette vision divine, puisqu’ils sont adorateurs d’un dieu unique, Aladhel. Mais les HuLlivanii sont, depuis très longtemps, absents de Laelith, et même leurs cousins Zadhuliens ne vivent pas ici. Pourtant, même éloignés à l’autre bout des Provinces, ces Lévitants d’un autre temps exercent une certaine influence sur le Nuage, par l’intermédiaire des Threnodes regroupés en Collège. La liturgie du Nuage, avant 780, demeure empreinte d’une histoire ancienne, sous couvert des Cultes de l’Air. Le clergé est sans cesse tiraillé entre le respect d’une tradition ancestrale et d’une nécessité de réforme visant à écarter les Threnodes de la liturgie pour enrayer toute tentative de dérive monothéiste. En 789, la crise éclate dans la ville : émeutes, pillages… chaque faction en lice se bat pour sa « cause » : le peuple veut manger à sa faim et ne plus payer ces taxes innombrables qui pleuvent à tour de bras, les aristocrates ne veulent pas céder un pouce de leurs prérogatives séculaires, inventée sou non, le clergé des Temples combat les hérésies multiples… Quant au Palais, c’est la faiblesse du pouvoir qui permet cette explosion de colère aux multiples sources.

Le Nuage, responsable des troubles ? Comme nous l’avons indiqué plus haut, la tentation monothéiste a toujours été forte au Nuage, et c’est sous le règne de Tokinafal VII qu’une hérésie faillit prendre une ampleur sans précédent. Le Culte du Sans-Nom n’est pas sans rappeler celui de l’Unique prôné par les HuLlivanii depuis des temps oubliés. Mais le culte du Sans-Nom n’a pas grand-chose à voir avec la symbolique d’Aladhel et sa grâce en hommage à la Nature et à l’Univers. L’hérésie de Son-Tô se révèle un peu plus cruelle et surtout destinée à renforcer le pouvoir personnel de ce personnage qui finira ses jours, tragiquement, sur la place du Pilori. Inutile ici d’entrer dans le détail de cette affaire, mais les conséquences vont être importantes pour la suite, car les victimes collatérales de cette époque funeste, qui a ravagé le temple, sont les Thrénodes contraint à partir en exil pour sauver autant leur peau que leur savoir plurimillénaire. Ils étaient accusés à tort de complicité avec Son-Tô. Plusieurs confessions apportèrent, en effet, des démentis forts, démontrant que les Threnodes étaient horrifiés par le culte du sans-Nom et l’attitude funeste de Son-Tô. Mais ils ne furent pas considérés. Deux versions existent : l’une affirme que ce sont les Threnodes eux-mêmes qui décident de quitter Laelith, emportant avec eux livres et objets sacrés, dont des tuyaux du Tegelthan ; une autre dit que les mélopistes « trois-notes » ont été jetés hors du temple à coups de pied aux fesses… De fait, durant l’année 794, il y a des dizaines de Threnodes assassinés et leur manécanterie (située dans l’échelle du même nom) incendiée. Une fois le Temple orphelin de ses marcheurs-chanteurs, la liturgie ne pouvait plus être conduite de la même manière que jadis. La rupture était brutale. Les Sphères des Liturgies ascensionnelles demeuraient dans leurs tunnels pour plusieurs siècles et le Tegelthan muet.

À la fin de cette période, dans les années 798-810, le Nuage doit se relever car les dégâts sont très importants, tant pour le culte lui-même que sur le bâtiment. Une campagne de restauration permet au Temple de reprendre rapidement des liturgies adaptées en l’absence de ce qui en faisait son essence. Pour remplacer les Sphères devenues inutilisables depuis le départ des Threnodes, un ingénieux système de plateformes est conçu afin de recréer un semblant de liturgies aériennes. Pour ce faire, un vaste mécanisme est installé dans le Puits des Sphères et huit piles, dites de Dodzeer (du nom de l’architecte qui a restauré le temple) sont dressées entre les antiques piles vihaniques afin de renforcer le dôme et la structure des plateformes mécaniques. Les magnifiques reliefs qui ornent les parois intérieures et extérieures du temple, finement ciselés dans une roche blanche aux veinures bleues, sont enfouies sous un badigeon de mauvaise qualité, sur lequel, en fonction des modes et des époques, des peintures sont réalisées, détruisant peu à peu l’aspect originel du Temple. Le culte du Nuage est simplifié et nettement renforcé sur l’aspect de l’Élément Air en conformité avec le dogme officiel de la ville sainte. De plus, « on » s’est empressé de supprimer des textes et des archives toutes références aux Thrénodes et au culte d’Aladhel. Les tunnels des sphères étant murés à la suite des travaux d’installation des plateformes, celles-ci sont oubliées. Le Tegelthan est partiellement remis en service mais les tuyaux les plus importants (dans le style harmonique) ont été emportés en exil avec les Threnodes. De ce fait, l’instrument ne fonctionne que très partiellement pour être, au début du règne de Teaphanrys XIV, totalement délaissé.

C’est au début du règne de Nin Ier que le Nuage va retrouver sa splendeur oubliée sous l’impulsion énergique de la nouvelle Grande prêtresse et le retour des Threnodes et d’une liturgie exceptionnelle en beauté et en profondeur spirituelle.

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Revenons au Jardin des Pierres. Nous avions compris que celui-ci n’existe pas en tant que tel à Laelith, et que c’est le site géographique qui doit être nommé ainsi. Le mot Jardin, ici, n’est qu’une approche du mot hullivanii « A’nen » qui pourrait être traduit par : « le pays agréable », ou « le lieu agréable ». L’ A’ n’ L’lth’ ou « aL Anen al Lilith », pourrait se dire, en Commun : Le lieu qui plaît aux Pierres. Mais Peyrii propose une autre version : Le lieu où reposent les Pierres.

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